Côte-d’Ivoire – Essy Amara le «candidat de la réconciliation» [audio et retranscription]

Interview par Radio France Internationale RFI Propos retranscrits par Sylvain Guédé Débailly à Abidjan pour Connectionivoirienne.net

« Je veux qu’on discute de tout… Je suis d’accord avec la coalition qui est un embryon de nation »

Absent à la signature de la charte de la coalition pour le changement, le candidat déclaré Essy Amara a confié ce vendredi 22 mai 2015, à Rfi les raisons de sa défection. Au micro de Florence Maurice, le diplomate évoque ses réserves tout en exprimant son appartenance à la coalition du 15 mai 2015

Votre absence lors du premier meeting de la coalition pour le changement a été remarquée à Abidjan. Pourquoi vous n’étiez pas présent ?

Parce que je n’étais pas à Abidjan. J’avais des engagements pris depuis longtemps…

« C’était un rendez-vous considéré comme important ! Certains s’interrogent, du coup, sur votre adhésion au contenu de la charte qui a été signée. Est-ce que vous avez des réserves sur le texte qui a été adopté ?

Moi je suis le candidat de la réconciliation et vraiment je ne veux pas fermer toutes les portes ! Je veux quand même en tant que diplomate qu’on laisse la possibilité de discuter de tout sans agressivité.

Vous trouvez que la charte va trop loin peut-être en posant comme préalable à l’organisation des élections la dissolution de la CEI ?

Non pas du tout ! Pour ça je suis absolument d’accord avec la coalition. En 2010, la commission a été l’épicentre de toutes les critiques. Même le président Bédié a dit qu’on lui avait volé 600 mille voix. C’est grave ! Vraiment il aurait fallu qu’on fasse table rase de cette institution pour les prochaines élections.

Cette coalition est un rassemblement idéologique assez hétéroclite. Pensez-vous que vos électeurs vont s’y retrouver ?

La division est artificielle ! Tout ce monde était au Pdci sous le président Houphouët-Boigny. Il y a quand même les embryons d’une Nation et cela me rassure pour l’avenir.

Cela signifie-t-il que vous allez choisir un candidat unique à la présidentielle ?

On va en arriver là certainement. Que tout ce monde se présente aujourd’hui, c’est la démocratie. On verra au fur et à mesure qui est qui et quel sera le choix des électeurs possibles. Mais l’idéal est qu’on ait un candidat face au président actuel.

Et comment doit-il être désigné selon vous ?

Mais il y a dans la charte tout un processus qu’on a déjà évoqué…

Quel processus ?

C’est la concertation parce que vous avez pu observer que dans le village on connait le meilleur danseur.

Vous seriez prêt à céder votre place ?

Si j’estime que la personne est compétente que moi et a toutes les capacités requises pour faire la réconciliation. C’est ça qui est le plus important. Ce n’est même pas la compétence, c’est la réconciliation.

Pourquoi voulez-vous être candidat à la présidentielle alors que vous avez toujours refusé la primature ?

J’ai refusé parce qu’en définitive j’ai eu la chance d’avoir occupé tous les grands postes au niveau des relations internationales et donc j’ai vu le pouvoir de très près. Et je ne voyais pas en quoi je pouvais me mettre dans une lutte qui ne m’apportait rien. J’ai eu tous les honneurs du monde !

Et vous avez changé d’avis ?

J’ai changé d’avis parce que quand je vois que la Côte d’Ivoire va vers un mur, je me dis que je ne peux pas me taire. Ma candidature n’est pas une candidature parce que je cherche à être président ou parce que je cherche quoi que ce soit. Beaucoup de gens cherchent à être président aujourd’hui parce qu’ils ne savent pas le contenu (de cette charge). Moi je connais le contenu et je connais les difficultés d’être président. Mais chacun a sa motivation.

Vous revenez de La Haye où vous avez rencontré l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Qu’êtes-vous allé chercher là-bas ?

Absolument rien ! Partir aujourd’hui le voir à La Haye pour moi, est tellement naturel. Parce qu’en définitive, c’est un ami d’enfance, on est allé à l’école ensemble. Je suis allé un peu tardivement parce que j’avais eu des soucis de santé. J’ai envoyé un de mes collaborateurs, lui rendre visite deux fois. Et donc enfin de compte comme j’étais en France, pour moi, c’était l’occasion rêvée d’aller le voir.

Souhaitez-vous être adoubé par Laurent Gbagbo ? Est-ce qu’il vous apporte une sorte de légitimation ?

Non ! Vous savez, je crois que c’est mal connaître le président Gbagbo parce qu’en fin de compte on se connait tous. Donc il sait qui est qui. Donc s’il doit faire un choix, il va le faire mais non pas parce qu’on est allé lui demander de supporter Pierre ou Paul. Il le fera parce qu’il connait telle personne, il connaît ses capacités et ses limites.

Est-ce que ce n’est pas un passage obligé d’être reçu par Laurent Gbagbo dans cette course ?

Ecoutez ! Je ne sais pas. Mais pour moi je suis allé voir l’ami d’abord. L’ami d’enfance. C’est cela le plus important et je ne suis pas allé pour lui demander un soutien quelconque. Mais je sais que lui-même il sait qui est qui. S’il doit me supporter il va me supporter.

Retranscrits par SD à Abidjan

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