La Côte-d’Ivoire et les mystères de l’attentat de Grand-Bassam

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Par Connectionivoirienne.net

Le dimanche 13 mars dernier, ce site reçoit en urgence plusieurs messages provenant de la plage de Grand-Bassam, la plus populaire des stations balnéaires en Côte-d’Ivoire. Dans les messages dont certains sont audio l’on peut clairement entendre des coups de feu en fond sonore.

Le premier message nous parvient à 13H12 temps d’Abidjan. Notre contact se trouve à la Nouvelle Paillotte.

Notre premier article, publié en exclusivité mondiale fait état d’un braquage, [cité par lemonde.fr et plusieurs autres médias dans sa version reactualisée].

Trente minutes après le 1er message suivis de plusieurs autres messages audios, nous recevons un texto: «ce qui se passe n’est pas un braquage. Ils sont arrivés où je me trouve à la Nouvelle Paillotte, tous les clients ont couru chercher des cachettes. Je n’ose pas l’affirmer encore avec certitude mais ça semble être un attentat. » A 14H39 TU notre contact nous envoie un message écrit: «Ça tire fort, on dirait la guerre. On dirait il y a une riposte».

Contre-vérités

A la l’analyse du premier message audio et du message envoyé à 14h39 TU, ce site est à mesure d’affirmer que l’intervention des forces de défenses ivoiriennes n’a pas eu lieu dans les 45 minutes suivant les premiers tirs, mais au plus tôt après une heure et 15 minutes ou pire une heure et trente minutes.

Entre temps il fallait aussi héliporter le ministre de l’intérieur qui était au Ghana vers Assinie où se trouvait le chef de l’Etat Alassane Ouattara. Selon des sources fiables, la décision de donner l’assaut n’a pas été prise avant l’arrivée du ministre Hamed Bakayoko sur Assinie. Combien de tems s’est-il écoulé entre la première alerte, le départ du ministre du Ghana et son arrivée à Assinie ? Quarante cinq minutes ? Trente minutes ?

Assaillants

Les premières informations fiables sur le nombre d’assaillants faisaient état de deux ou trois personnes contrairement aux six assaillants annoncés par les autorités dans leur premier bilan. Un bilan heureusement revu à la baisse quelques jours après qu’Al Qaida eut affirmé n’avoir envoyé que trois éléments frapper Bassam.

Encore qu’ici en l’absence de tout cadavre présenté, il est difficile de croire les autorités quand elles affirment avoir abattu tous les assaillants.

Au moins un des assaillants a été identifié sur une vidéo de surveillance de l’Etoile du sud. Tout au moins, les autorités pouvaient présenter son corps à fin de taire les critiques. Fait-il oui ou non partie des morts ? « Nos services n’ont pas pu authentifier les photos présentées par les terroristes. Nous pensons qu’il y a souvent une idée de manipulation pour perturber l’enquête » répond le ministre de la Sécurité au cours de sa conférence conjointe avec le Procureur de la République.

Le ministre qui se trouvait au Ghana au moment des faits avait été héliporté d’urgence vers la station balnéaire d’Assinie. La preuve que l’Etat de Côte-d’Ivoire ne savait rien du tout des dangers que couraient les visiteurs de la plage de Grand-Bassam ce dimanche.

Une photo tardive

Comment comprendre qu’après une action terroriste inédite dans l’histoire de la Côte-d’Ivoire, le premier avis de recherche soit lancé plus d’une semaine après les faits ? D’aucuns y trouveront les preuves de la carence des forces dirigées par le tout puissant ministre Hamed Bakayoko. Certains y trouveront la preuve du travail minutieux fait sans précipitation par les mêmes services.

Entre temps, le fugitif Kounta Dallah a eu plus d’une semaine pour quitter le territoire ivoirien. «Nous avons seulement identifié trois assaillants. Les confrontations ont eu lieu avec les images d’Al-Qaida au Maghreb islamique [AQMI]. Mais nous n’avons pas voulu communiquer. Nous sommes prudents sur ces images », indique de son coté le procureur Adou Richard lors de la même conférence.

Les attaques terroristes de Bruxelles survenues les 22 mars nous montrent qu’une gestion moins opaque d’une attaque terroriste est possible. Que cachent les autorités ivoiriennes ?

SK avec HC

Lire également Côte d’Ivoire: le mystère persiste autour de l’attaque de Grand-Bassam [Lemonde.fr]

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